L’Actu des adhérents #3 : Paris Pieds Nus de Dominique Abel et Fiona Gordon

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Cette semaine sort au cinéma le film poético-burlesque Paris Pieds Nus, tourné par Dominique Abel et Fiona Gordon. S’il s’agit du quatrième long-métrage pour les réalisateurs, c’est pourtant la première fois que Thomas Le Govic, étudiant du Master, découvrait l’univers d’un tournage de cinéma. A travers ses réponses, il raconte son expérience de stagiaire régisseur à travers les rues de Paris pendant l’été 2015 :

La bande annonce de Paris Pieds Nus

La fiche film sur le site de Potemkine

  • C’est le premier stage et aussi ton premier tournage. Comment es-tu arrivé dessus ?

Je terminais ma dernière année de licence cinéma à Lille, et je ne savais pas vers quoi me tourner après. Au même moment, une camarade de ma promo avait été prise comme stagiaire scripte sur le tournage de De sas en sas de Rachida Brakni. Je me suis dit qu’un stage sur un tournage n’était pas une mauvaise idée, et j’ai commencé à postuler à différentes annonces sur internet, dont une pour être stagiaire assistant réalisateur sur le prochain film d’Abel et Gordon. Finalement, c’est la régisseuse générale du film, Maud Quiffet, qui m’a appelé pour me demander si la régie m’intéressait. Comme je n’avais aucune expérience d’un tournage professionnel, j’ai dit oui tout de suite. Après mes partiels je suis descendu à Paris pour passer un entretien, et deux semaines après j’étais de retour pour commencer mon stage !

  • Quelles ont été tes missions ? De quoi t’occupais-tu ?

Je suis arrivé pour les deux dernières semaines de préparation, et avec une voiture que la production avait louée, je faisais des courses : j’allais chercher des costumes et des éléments de sécurité (comme des extincteurs qui sont obligatoires sur un tournage), j’allais dans les restaurants où nous allions manger pour prendre les menus et les proposer au reste de l’équipe, ou encore j’allais coller des informations riverains dans certaines rues pour prévenir les habitants de la présence de notre tournage sur certains jours. J’ai rapidement compris qu’il faut être multitâche !

Le tournage a commencé et je me suis occupé de la régie : je continuais de faire certaines courses quand il le fallait, je ramenais aux fournisseurs des costumes qui ne tournaient plus. Il m’arrivait aussi d’aller chercher ou de ramener des comédiens à leurs domiciles. Quand j’étais sur le plateau, j’aidais l’équipe à l’installation en portant du matériel, en sécurisant des éléments dangereux. Ce que j’aimais le plus souvent faire, c’était du blocage pour la mise en scène. Comme nous tournions souvent en extérieur, il nous arrivait de bloquer temporairement le passage de personnes ou de touristes pour les empêcher de passer devant la caméra. Il fallait faire preuve d’un grand sens de la communication, d’adaptation et parfois même de sang froid.

  • Comment ce tournage a-t-il été une expérience particulière pour toi ?

Déjà parce qu’il s’agissait de mon premier véritable tournage, et pas avec n’importe qui ! J’avais déjà vu Abel et Gordon au théâtre et ce sont des artistes formidables, des héritiers du comique de Chaplin et de Tati. Depuis leur premier court-métrage ils travaillent avec un noyau dur de techniciens, un peu comme une sorte de famille. Nous étions très peu nombreux par rapport à un tournage disons « traditionnel », rarement plus d’une vingtaine. Je découvrais l’envers des décors de la fabrication d’un film avec un groupe de personnes très soudées et enthousiastes. J’ai vraiment appris beaucoup auprès d’eux, ils insistaient pour que je leur pose des questions quand je ne comprenais ou ne connaissais pas quelque chose.

Et c’est une expérience encore plus particulière car nous tournions avec la comédienne Emmanuelle Riva, une grande dame du cinéma français. Le premier jour de tournage avec elle, j’étais comme un gamin qui voit un vœu de cinéma s’exaucer ! C’était une personne très classe qui s’est donné, avec son âge, beaucoup de mal pour faire le film. Sa mort [en janvier 2017] m’a beaucoup touché, surtout quand j’ai appris qu’elle se battait contre un cancer alors même qu’elle tournait avec nous.

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Thomas au travail, « qui consistait à faire flotter un drapeau canadien qui serait ensuite incrusté numériquement sur le décor de la ville. »

  • Quels ont été le meilleur moment et le pire moment dans ces tournages ?

J’ai vécu beaucoup de bons moments pendant ce tournage : avoir été en présence d’Emmanuelle Riva, les tournages de nuit sur l’Île aux Cygnes, la découverte d’un tournage « sur fond vert » en studio, les bières de fin de journée à l’arrière des camions… Je pense que le pire, mais aussi le plus drôle, c’est quand j’étais devant le cimetière de Passy (XVe arrondissement) un après-midi à garder les places de stationnement des camions qui devaient revenir en fin de journée (on appelle ça faire du « ventousage »). Il faisait très chaud et je n’avais aucune place à l’ombre, et une petite vieille est arrivée vers moi pour me crier dessus qu’elle déteste les tournages et qu’on « volait » les places de stationnement ! J’ai ainsi appris à mes dépens que certains parisiens, notamment ceux du XVe, n’apprécient pas toujours quand les tournages ont lieu dans leur quartier…

  • Comment ce stage t’a-t-il aidé à trouver ton orientation professionnelle ?

Après Paris Pieds Nus, j’ai su que je voulais continuer à travailler sur les tournages, j’y ai découvert une effervescence et une ambiance très singulière, avec des rapports humains très forts, puisqu’il s’agit d’une entreprise humaine dédiée à la création d’un objet audiovisuel. Sauf que je ne savais pas quel métier présent sur un plateau m’attirait le plus. Je suis allé à Lyon où j’ai fait une première année de Master sur la production audiovisuelle ainsi qu’un deuxième stage sur un autre long-métrage, Corporate de Nicolas Silhol. C’est pendant ce deuxième stage que je me suis orienté vers l’assistanat à la réalisation, en venant dans le Master de Poitiers.

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