Participation au Work In Progress Performance Festival à Paris – 08 Décembre 2017

Rencontre slider
Rencontre « Profession : Assistant Réalisateur » – le 2 février 2018
13 January 2018
Show all

Participation au Work In Progress Performance Festival à Paris – 08 Décembre 2017

banderolle wipp 10

WIPP Festival : De la création, de l’échange, et surtout du cinéma.

Les huit étudiants de 1ère année du Master Assistant réalisateur de l’Université de Poitiers ainsi que Laurence Moinereau, leur directrice, se sont donné rendez-vous pendant quatre jours au Festival WIPP (Work In Progress Performance) à Paris dans le réputé complexe Commune Image.

Etudiant Ecole de la Cité

Performance réalisée dans le cadre de l’association Cinéma 93.

Le WIPP est le premier festival entièrement consacré aux films en cours d’écriture.

Durant ces quatre jours, plusieurs programmes regroupant différents projets en cours d’écriture se sont succédé. Auteurs, réalisateurs et scénaristes ont proposé leur dessein devant un public composé de réalisateurs, producteurs, acteurs, journalistes, scriptes et étudiants.

Les sessions de présentation, d’une durée de deux heures, comptaient cinq porteurs de projet pour chacune des structures : Commission Île de France, G.R.E.C (Groupe de Recherches et d’Expérimentations Cinématographiques), Ecole de la Cité, Festival International des Scénaristes de Valence et Cinéma 93. Chaque auteur avait quinze minutes et carte blanche, pour mettre en avant son projet grâce à de multiples procédés : court-métrage, mise en scène théâtrale, danse, roman-photo, ou encore monologue explicatif.

Echanges avec les auteurs.

A la suite de chaque session, auteurs des performances et spectateurs se réunissaient autour d’un verre afin de discuter de l’avancée des projets qu’ils présentaient mais également de la direction dans laquelle ils souhaitaient s’orienter. Ces rencontres ont donc permis aux étudiants du Master de pouvoir échanger avec des professionnels d’horizons totalement différents, et évidemment avec les personnes qui ont présenté leurs performances. Ainsi, les étudiants ont pu observer les premières démarches d’un réalisateur dans sa recherche de contacts et de financements.

 

Quatre prix, dont un décerné par le Master Assistant réalisateur.

Le dimanche soir, lors de la clôture du festival, quatre prix étaient décernés par un jury composé de producteurs, réalisateurs, monteurs, chefs-opérateurs, scriptes, critique de cinéma, et comédiens.

  • Prix Auteur Confirmé : Bandit Rouge de Fred Nicolas, décerné par Commune Image.
  • Prix Auteur Débutant : Pour une Vie Meilleure de Guillaume Ballandras, décerné par Boostrap Label.
  • Prix du Court-Métrage : La Nouvelle Chair de Lorenzo Bianchi, décerné par le programme Le G.R.E.C.
  • Prix du Master Assistant réalisateur : Les Îles de la Lune de Valentin Feraud.

Les étudiants ainsi que Laurence Moinereau, après une délibération difficile, ont choisi de récompenser Valentin Feraud, étudiant en dernière année à l’Ecole de la Cité, pour sa performance avec le comédien Mouradi Mchinda.

La dotation de ce prix est un engagement des étudiants à se mettre au service du projet à ses différentes étapes – élaboration, production, promotion… dans la mesure de leurs moyens et des souhaits de Valentin !

Séances de cinéma : Guillaume Brac, Nadja Harek, œuvres soutenues par le G.R.E.C.

Equipe Brac 2

Guillaume Brac et une partie de son équipe pour Contes de juillet (2017). De gauche à droite: Alan Guichaoua (Chef opérateur), Louise Jaillette (Monteuse), Guillaume Brac et Vivien Paul (1er Assistant Réalisateur).

 

Cependant, ce week-end au Festival WIPP ne s’est pas résumé uniquement à la présentation de projets en cours d’écriture. Le public a pu assister à plusieurs projections. Nadja Harek est venue présenter deux documentaires qu’elle a réalisés en 2017, Tata Milouda et Mayotte Hip-Hop Révolution. Cette séance a été suivie d’un échange entre le public, la réalisatrice et Claire Diao, journaliste, critique de cinéma, et présidente de la société Sudu Connexion.

Nous avons également participé, avec le reste du public, à la présentation de projets qui ont été soutenus par le programme du G.R.E.C l’année précédente.

Pour conclure le Festival WIPP en apothéose, le public a pu assister au dernier projet du talentueux Guillaume Brac, Contes de Juillet, créé en collaboration avec les élèves du Conservatoire de Paris. Après la diffusion de ce film découpé en deux courts-métrages aux histoires distinctes, le public a pu échanger avec Guillaume Brac et les membres de son équipe qui ont travaillé sur le film.

Cette deuxième édition du WIPP Festival, proposée par Jean-Baptiste Germain et Gildas Madelénat, s’est trouvée être une grande réussite tant dans ses propositions artistiques que dans son organisation évènementielle. Des rencontres très intéressantes pour les étudiants et une prise de contact avec des professionnels du milieu du cinéma facilitée par l’ambiance familiale. Le tout agrémenté de séances présentées par leurs talentueux auteurs, notamment Guillaume Brac. Au vu de la qualité des projets proposés, de l’ambiance qui y règne et de l’enrichissement professionnel apporté, le WIPP Festival mérite d’être soutenu et développé, et nous attendons avec impatience sa troisième édition. »

Article écrit par Yoann Moreda.

 

 

___________________________________________

Entretien avec le lauréat du prix Wipp décerné par AMPAR

P1080195

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé le cinéma au lycée où je faisais beaucoup de films avec un pote. J’avais pris l’option cinéma audiovisuel, c’était vachement bien. Après le bac c’était un peu plus compliqué, je suis parti en prépa sciences po, j’ai fait ma première année de droit et j’ai raté les deux. Je suis donc parti en première année de licence d’histoire puis j’ai fini par faire une licence de management public. Voilà donc un parcours un peu chaotique (rires). A côté de ça, j’ai toujours aimé écrire, j’ai fait le concours de l’Ecole de la Cité et j’ai été pris. Je me suis lancé à fond dans le cinéma définitivement et ça fait un peu plus d’un an maintenant que je le fais et je ne regrette pas du tout, je ne me pose plus de questions, j’ai un peu tout essayé et c’est ça le mieux. Sans aucune hésitation.

Qu’est-ce qui vous a amené à la réalisation et à l’écriture ?

Je suis plus scénariste que réalisateur. A la base j’ai une formation de scénario car ce qui m’intéresse c’est de raconter des histoires. Au début je voulais être journaliste, je voulais bien regarder ce qui se passait autour de moi, observer, discuter avec les gens, voir s’il y avait des choses à dire ou à retranscrire et j’ai trouvé que passer par le cinéma était un moyen intéressant parce que l’on touche par l’émotion et par l’image. La réalisation est venue comme ça, petit à petit, parce que je me suis rendu compte que ce qui me touchait était les images qui faisaient que je rentrais dedans. Le fait de réfléchir et de penser en images me titillait de plus en plus. Dans ma formation de scénariste ce qui m’a le plus frustré c’est quand j’ai commencé à faire du plateau, je suis devenu complètement accro à ça, à l’adrénaline qu’il y a, que ce soit un documentaire ou une fiction, on voit les choses se matérialiser. Il y a quelque chose d’assez addictif sur le plateau. Donc voilà la réalisation et la mise en scène m’ont tout de suite attiré aussi.

Quelles sont tes influences ?

Je pense avoir des influences qui sont plutôt récentes. J’aime beaucoup Terence Malik ou Denis Villeneuve. J’aime bien cette idée d’aller chercher des territoires, des décors et des lieux. Je pense que ce sont les deux principales influences en ce moment, en plus ils prennent des thématiques à propos, donc des films qui ne sont pas forcément sur des mécaniques mais qui savent envoyer un message. En termes de cinéma français j’aime beaucoup tout ce qui était la vague Yves Robert, Claude Lelouch, toute la comédie française pure de base, la Nouvelle Vague, Claude Sautet et puis récemment Jacques Audiard.

Pourquoi as-tu décidé de participer au WIPP et par quel biais en as-tu entendu parler ?

C’est la deuxième édition du festival WIPP, ça fait deux ans qu’ils viennent nous voir à l’Ecole de la Cité pour nous faire un appel à projets. Ensuite, ils en sélectionnent quelques-uns sur tous les projets, nous sommes une promotion de 60 environ. Pour nous c’est l’occasion de parler un peu de ce que l’on fait, d’être mis en relation avec tout l’écosystème du cinéma indépendant et un peu de banlieue aussi. L’année dernière, j’étais venu supporter une amie qui avait gagné. Cette année elle faisait partie du jury. Donc pour répondre à votre question c’est vraiment par l’école que j’ai entendu parler de ce festival que je trouve très intéressant.

Comment vous sélectionnent-t-ils dans l’école ?

Je ne sais pas, on doit dire ce que l’on veut faire en performance. Moi je n’ai pas fait ce que j’ai dit que je voulais faire (rires). A la base je voulais passer un bout de mon précédent court-métrage qui durait 13 minutes, puis finalement je me suis dit que je n’aurai pas le temps de parler de mon projet car la performance au WIPP doit durer 15 minutes maximum.

Peux-tu décrire ton projet en quelques phrases ?

Mon projet s’appelle Les Iles de la lune. Il concerne une partie de l’histoire de la République des Comores qui est un état né en 1975 à la suite de la décolonisation française. Sur les quatre îles, il y a Mayotte qui est restée française, par conséquent cela donne une situation géopolitique compliquée où il y a pas mal de choses assez délicates qui s’y passent. J’ai un ami d’enfance qui m’a raconté toute son histoire, ça m’a touché et j’ai voulu la retranscrire. C’est l’histoire d’un jeune Comorien, qui est pris par la situation actuelle de son pays, par le trafic entre les quatre îles et il va vivre une forme d’épopée. Il va finir par s’expatrier et venir à Marseille. Dans les faits, il y a 200 000 Comoriens qui vivent à Marseille. Ce projet racontera son intégration plus ou moins difficile.

l'ile aux parfums

L’archipel aux parfums (2017)court métrage réalisé par Valentin Féraud.

Où en est ton projet et as-tu des idées de financements ?

Alors pour le moment j’ai fait beaucoup d’entretiens avec mon ami. J’ai beaucoup de matière. Tellement que je pourrais en faire une trilogie mais ce n’est pas mon but de faire ça. Je vais donc devoir passer dans la phase où je dois faire des choix, notamment des choix de thématiques pour resservir un propos bien clair. Ça va être pas mal orienté autour de ça. J’aimerais bien partir là-bas, être sur le terrain et passer du temps sur place. Cependant il faut que je trouve un producteur. Je sais très bien qu’il faut être patient, il faut croire en son projet car c’est un travail sur du long terme. Mon précédent court-métrage de seulement 13 minutes m’a déjà pris un an donc je sais très bien qu’il faut être patient.

As-tu déjà travaillé avec des assistants réalisateur et si oui, quelle était ta relation avec eux ?

C’est compliqué parce que les premiers assistants que j’ai pu avoir étaient des amis à moi, des gens avec qui j’étais à l’école. Avec mes premiers assistants réalisateur j’ai un rapport très ouvert et il y a des échanges. J’aime bien avoir un premier retour par rapport au découpage et au plan de travail. J’aime aussi savoir comment on s’organise et avoir un avis extérieur. En général, le premier assistant doit maîtriser le projet tout aussi bien, voire plus, que le réalisateur. Il doit donc s’approprier le tournage. Après, au niveau de mes attentes, je pense qu’il doit être patient et qu’il ne doit pas manquer d’énergie.

Quels sont tes projets futurs ?

Dans deux semaines je vais aller filmer l’indépendance en Catalogne. Le 21 décembre ont lieu les élections régionales et c’est ce qui va déclencher, ou pas, un dialogue avec Madrid. Je suis donc en recherche de familles à suivre qui sont concernées par cette affaire. Je reste plusieurs jours car le lendemain il y a un match de foot entre l’Atlético Madrid et l’Espagnol Barcelone. Je vais aller filmer les supporters et voir la symbolique qu’il y a par rapport au lendemain des élections.
Ensuite je vais tourner un clip pour un artiste qui s’appelle Hugo Kant. Il s’agit de trois plans séquences avec trois femmes de différents âges et on positionne la caméra en fonction de comment la femme représente le temps. Au début nous avons une petite fille qui court après la caméra donc qui court après le temps. Après nous avons une femme adulte qui accompagne le temps donc la caméra. Et à la fin il y a la vieille dame qui suit le temps.
Après je prépare un documentaire sur la communauté ivoirienne en Tunisie. Ce sont essentiellement des travailleurs migrants, des aventuriers comme un ami les appellent, qui ont la volonté de venir en Europe. Ils sont jeunes alors ils veulent bouger et se retrouvent bloqués en Tunisie. Je voudrais donc retranscrire leurs vies là-bas.

Entretien réalisé par les étudiants du Master Professionnel Assistant Réalisateur.

Comments are closed.