Jeudi 6 février 2025, l’AMPAR a proposé en partenariat avec le Dietrich une séance avec le chef opérateur Jonathan Ricquebourg, autour du film Gorge coeur ventre de Maud Alpi (2016 – prix du premier film au festival de Locarno).
Mêlant filmage documentaire et fiction onirique, évoquant Tarkovski et Pasolini auquel il emprunte son titre, le film suit Virgile, jeune travailleur précaire employé dans un abattoir, inséparable de son chien Boston, qui accompagne les bêtes vers la mort. Profondément empathique, il repose sur la saisie sensible d’une « contagion émotionnelle entre les bêtes et les hommes », supposant une étroite complicité de travail entre réalisatrice et chef opérateur.
Jonathan Ricquebourg a accompagné les projets singuliers de Jean-Charles Hue (Mange tes morts), HPG (Fils de...), Albert Serra (La mort de Louis XIV), Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic (L’angle mort), Arnaud Des Pallières (Degas et moi), Lucile Hadzihalilovic (Earwig), Gisèle Vienne (Jerk), Michel Hazanavicius (Coupez!), Sophie Letourneur (Voyages en Italie)… entre autres! Il défend l’idée que l’image de cinéma doit être pensée d’un point de vue moral et politique.
« Filmer l’intime, c’est un engagement. C’est filmer l’autre dans ce qu’il n’a pas, ou ne croit pas avoir. C’est aller chercher les plus faibles, pour en faire les plus forts. C’est aller chercher les oubliés, pour que l’on se souvienne d’eux. C’est filmer ce qu’il y a de plus puissant dans la banalité la plus ennuyeuse, c’est rendre au réel sa beauté perdue. » Jonathan Ricquebourg
La projection a été suivie d’un débat nourri qui a permis à Jonathan de décrire de façon détaillée les conditions de tournage, le processus de création et son travail à l’image.